Pourquoi faire un MBA ?

Un diplôme attractif

Même si le diplôme du MBA n’est plus, comme dans les années soixante dix, la garantie automatique d’une carrière prestigieuse, il conserve un fort pouvoir d’attraction auprès des entreprises. Il reste un atout important à l’international, en particulier pour les candidats qui visent des fonctions de management, de conseil ou de direction de projet dans des environnements multiculturels. Le MBA sert alors de signal sur le marché du travail, montrant que le diplômé a été confronté à des méthodes de travail exigeantes, à des études de cas concrètes et à un réseau de pairs venant du monde entier.

Le but d’un MBA

Un premier objectif fréquent consiste à gravir plus rapidement les échelons de l’entreprise. Un MBA atteste de solides capacités d’analyse, d’une certaine aisance dans les environnements internationaux et d’une familiarité avec les enjeux globaux de l’économie. Il peut ainsi permettre de prendre des responsabilités dans le développement d’une PME française à l’étranger ou d’occuper un poste de cadre dans une filiale internationale.

Pour d’autres, l’enjeu est d’accéder à des postes qui resteraient difficiles à atteindre avec un diplôme d’école de gestion moins connue ou une formation initiale peu reconnue à l’international. Le MBA joue alors un rôle de remise à niveau et de repositionnement, en rapprochant le profil du candidat des standards des grandes écoles de commerce. Il vient compléter et renforcer un parcours qui, sans lui, serait parfois limité par le nom de l’établissement d’origine.

Beaucoup de professionnels utilisent aussi le MBA pour changer de fonction au sein de l’entreprise. Un ingénieur, par exemple, peut se trouver cantonné à des postes très techniques au début de sa carrière alors qu’il aspire à encadrer une équipe, à piloter un service ou à gérer un centre de profit. Le MBA lui apporte les compétences en finance, en marketing, en management et en stratégie nécessaires pour faire valoir une candidature plus généraliste lors d’une évolution ou d’une mobilité.

Enfin, le but ultime de certains candidats est de devenir de véritables managers stratèges. Les postes de direction générale ou de pilotage d’activité exigent une compréhension globale de l’entreprise, de sa chaîne de valeur et de son environnement concurrentiel. Une spécialisation purement technique ne suffit plus. Les enseignements du MBA, basés sur les études de cas, les travaux de groupe et les présentations orales, entraînent les participants à réfléchir en termes de stratégie, de finance, de logistique, de marketing et de ressources humaines. Ils préparent ainsi à des fonctions de pilotage où il faut prendre des décisions en ayant une vision d’ensemble.

Un MBA vaut il encore la peine

Le label MBA est aujourd’hui beaucoup plus répandu qu’il ne l’était par le passé. Cette diffusion lui fait perdre une partie de sa rareté et donc de son pouvoir distinctif. Le diplôme reste un a priori positif lors d’un recrutement, mais il ne suffit plus à lui seul. L’employeur veut aussi percevoir des qualités personnelles de manager, une capacité à prendre des décisions, un sens du leadership et une vraie crédibilité dans la relation avec les équipes. Un MBA sans projet clair ni compétences relationnelles solides risque d’apporter une plus value limitée.

Il faut également tenir compte du coût financier. Les frais de scolarité se chiffrent souvent en dizaines de milliers d’euros, auxquels s’ajoute le manque à gagner lié à l’interruption éventuelle d’un salaire pendant la durée des études lorsqu’il s’agit d’un programme à temps plein. L’investissement total peut être très important, surtout en début de carrière. Il doit donc être évalué avec lucidité en fonction du potentiel de progression salariale, du secteur visé et du prestige du programme choisi.

L’investissement intellectuel est lui aussi conséquent. Le rythme de travail est soutenu, avec de nombreux cours, projets de groupe, études de cas et présentations. Pour un cadre qui a quitté depuis plusieurs années le système scolaire, revenir à un fonctionnement fortement basé sur la notation et les évaluations peut s’avérer éprouvant. Il faut être prêt à consacrer beaucoup de temps et d’énergie à la formation, parfois au détriment de sa vie personnelle pendant plusieurs mois.

Enfin, l’adéquation entre le MBA et le poste recherché doit être pensée en amont. Un diplômé peut apparaître surdiplômé pour certaines PME qui n’ont ni ambition internationale ni structure de management très développée. De même, un MBA orienté vers une carrière internationale perd de son sens si l’on n’envisage pas de quitter son pays, ou si l’on vise des fonctions très locales où la dimension globale joue peu. Le diplôme doit s’inscrire dans un projet professionnel cohérent pour trouver toute sa pertinence.

Qu’attendre d’un MBA ?

Beaucoup d’étudiants espèrent un salaire plus élevé à l’issue du programme. Les niveaux de rémunération à la sortie dépendent largement de la réputation de l’école, du rang du MBA dans les classements et du secteur d’activité visé. Les diplômés de programmes très prestigieux, notamment dans les grandes écoles américaines ou européennes, accèdent souvent à des rémunérations plus élevées que ceux issus de programmes moins reconnus. L’impact du MBA se combine aussi avec la formation initiale. Les ingénieurs et les diplômés en droit tirent fréquemment un fort bénéfice de ce complément managérial, tandis que les diplômés d’écoles de gestion voient parfois une plus value plus limitée.

Le MBA offre également une meilleure insertion dans le monde de l’entreprise. Il s’agit d’un diplôme résolument tourné vers la pratique professionnelle. Les écoles entretiennent des relations étroites avec des entreprises partenaires qui interviennent dans les enseignements, proposent des cas réels à étudier et recrutent régulièrement des diplômés. Les stages, les projets de conseil, les missions d’audit ou de développement font partie intégrante de la formation et facilitent le passage vers des postes de responsabilité.

Les fonctions occupées à la sortie sont souvent très généralistes et valorisantes. Beaucoup de jeunes diplômés de MBA se dirigent vers le conseil, en cabinet ou en interne, où ils travaillent sur des problématiques de stratégie, d’organisation ou de transformation. Ces postes permettent de toucher à de nombreux secteurs et de se confronter à des enjeux de haut niveau sans pour autant être déjà au sommet de la hiérarchie. Ils constituent une étape structurante dans une carrière.

Enfin, un MBA ouvre les portes d’entreprises prestigieuses. Les banques d’affaires, les grands cabinets de conseil en stratégie, les multinationales et de nombreuses sociétés de haute technologie recherchent activement ce type de profil pour leur développement, notamment à l’international. Travailler dans ces environnements exigeants n’est pas une fin en soi pour tout le monde, mais ceux qui souhaitent évoluer dans ces milieux trouvent dans le MBA un tremplin privilégié. L’essentiel est de rester lucide sur ce que le diplôme peut apporter, sur les efforts qu’il exige et sur la manière dont il s’inscrit dans un projet de vie plus global.